Stockage du co2 en france: une stratégie européenne innovante

Article mis à jour le 10 septembre 2024.

La France s’engage dans un accord avec le Danemark pour stocker le dioxyde de carbone émis par ses usines en mer du Nord. Ce projet vise à capturer, transporter et stocker le CO2 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le gouvernement français mise sur la coopération internationale pour atteindre cet objectif, et envisage des partenariats similaires avec d’autres pays européens. L’idée est de limiter l’impact environnemental tout en assurant la décarbonation de l’industrie.

Aucune réservation de capacités

Le Danemark et la France ont signé une lettre d’intention pour collaborer dans le domaine du stockage de CO2. Copenhague a déjà cartographié les opportunités pour le stockage souterrain, et commence à délivrer des permis à différents opérateurs. Les deux pays ont également conclu un accord réglementaire pour le transport transfrontalier de CO2. Les entreprises françaises sont encouragées à capturer leurs émissions de CO2 et à les stocker dans des zones spécifiquement dédiées. Un projet nommé “D’Artagnan” mené par Air Liquide et Dunkerque LNG facilitera l’exportation de CO2 vers le Danemark via des navires dans un premier temps, puis ultérieurement via une canalisation souterraine vers la mer du Nord pour un stockage permanent.

En résumé :
– Le Danemark et la France collaborent pour le stockage de CO2.
– Copenhague offre des permis aux opérateurs pour ce type de stockage.
– Accord réglementaire pour le transport transfrontalier de CO2 entre les deux pays.
– Les entreprises françaises peuvent capter leurs émissions de CO2 en vue d’un stockage dédié.
– Projet “D’Artagnan” permettra l’exportation initiale par navires, puis via une canalisation vers la mer du Nord.

La stratégie française en détail

Le gouvernement a intégré la capture et le stockage du carbone dans son plan pour réduire les émissions de CO2. Il vise à capturer 8 millions de tonnes de CO2 d’ici 2030 et 20 millions de tonnes d’ici 2050. Cette méthode est déjà utilisée par certaines entreprises, mais reste marginale dans le monde. Elle consiste à capter les émissions de CO2 des activités industrielles en utilisant différentes technologies, comme celle développée par l’entreprise française Technip Energies.
La France teste actuellement cette solution dans une usine sidérurgique à Dunkerque, mais elle est encore peu répandue malgré son potentiel.

Technip Energies propose aux entreprises la technologie Shell Cansolv qui permettrait d’atteindre un taux de captage de plus de 90% du CO2. La méthode consiste à capturer la fumée produite par l’activité industrielle, y ajouter un solvant pour séparer le CO2 du reste des composants, puis ne récupérer que le CO2.

Il est souligné qu’il est essentiel de déployer rapidement toutes les nouvelles technologies décarbonées et de capturer le CO2 là où il n’existe pas d’alternatives, comme la fabrication du ciment Portland ou certains produits chimiques. Cependant, bien que ces technologies existent et soient testées dans certaines industries en France, elles restent sous-utilisées face au défi global des émissions de CO2 liées aux combustibles fossiles et à l’industrie.

Assouplissement des lois européennes en vue ?

Le gouvernement français prévoit de conclure des accords sur le transport de CO2 avec d’autres pays européens, notamment les Pays-Bas et l’Italie. Il espère également pouvoir assouplir les règles en vigueur au sein de l’Union européenne pour faciliter ces accords. Cependant, il rencontre des difficultés avec la Commission européenne pour obtenir une réponse rapide à ses demandes. Malgré cela, la France montre sa détermination à agir rapidement sur cette question environnementale cruciale, en espérant que l’UE permettra des accords implicites entre ses États membres.

Absence d’encouragements économiques

La question du prix de la tonne de carbone est cruciale pour inciter les industriels à adopter des solutions telles que la capture et le stockage du CO2. Le coût d’émission du CO2 doit être plus élevé que celui de sa capture pour que les projets de CCS soient rentables, mais le prix des quotas de CO2 a récemment chuté en raison du ralentissement économique. Pour pallier cela, l’État français envisage un mécanisme appelé “Contrat carbone pour différence” (Ccfd). Ce contrat prévoit des versements aux industriels sur quinze ans, correspondant à la différence entre le prix actuel du CO2 sur le marché et un tarif fixe préalablement déterminé.

En parallèle, la Norvège investit dans un projet de stockage de CO2 appelé Northern Lights, financé majoritairement par l’État. Les autorités françaises cherchent également à développer des infrastructures pour la capture et le stockage du CO2. Cependant, il est crucial d’établir un cadre politico-économique favorable au développement tout en évitant une justification involontaire de l’utilisation des combustibles fossiles polluants.

Il est clair que les pouvoirs publics sont essentiels pour encourager ce type d’initiatives environnementales nécessaires au niveau mondial.

Stockage du co2 en france: une stratégie européenne innovante

En tant que journaliste économique, je me consacre à la vulgarisation des concepts financiers pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Mon parcours m’a conduit à analyser l’actualité économique nationale et internationale, avec pour objectif d’éclairer les citoyens sur les enjeux qui façonnent leur quotidien.