Article mis à jour le 16 mai 2025.
Le sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Abou Dhabi devrait se conclure sur deux accords limités. Les tensions commerciales actuelles présentent une dimension stratégique et géopolitique qui menace de dégénérer. La conférence ministérielle en cours vise à parvenir à un accord limité sur l’interdiction des subventions à la pêche et un autre sur le commerce électronique. Pendant ce temps, les tensions commerciales s’intensifient entre les États-Unis, l’Union européenne (UE) et la Chine.
Les États-Unis bloquent le fonctionnement de l’organe d’appel de l’OMC afin de débrancher un outil essentiel du multilatéralisme pour lui substituer la loi du plus fort. Le protectionnisme désormais assumé par les États-Unis pour endiguer la montée en puissance de la Chine n’a pas atteint ses objectifs. Alors que les barrières douanières et les mesures de rétorsion envers la Chine se multiplient, le déficit commercial américain continue d’augmenter. Pour amorcer une véritable réindustrialisation, les États-Unis ont lancé un gigantesque plan de subventions dans le domaine de la décarbonation.
La situation paradoxale entre les modestes ambitions du sommet de l’OMC à Abou Dhabi et les bouleversements dans les échanges internationaux témoigne des incertitudes actuelles qui prennent des proportions inquiétantes.
Les Européens sont indécis
La politique de sanctions américaines n’a pas eu l’effet escompté sur la Chine. Au contraire, Pékin a réagi en accélérant sa production industrielle pour faire face à une crise immobilière sévère. Cette augmentation de la production a créé des surplus qui sont maintenant destinés à l’exportation, ce qui pourrait perturber l’économie mondiale. En particulier, l’industrie européenne pourrait être menacée par l’afflux de produits chinois bon marché dans le secteur des énergies renouvelables et des véhicules électriques.
Les autorités européennes sont confrontées au défi de s’unir face à cette situation, alors que la Chine cherche déjà à créer des dissensions entre les pays membres. Les grandes entreprises allemandes, fortement dépendantes de leurs relations commerciales avec la Chine, rendent cet alignement d’autant plus difficile.
L’Union européenne est celle qui risque le plus dans cette confrontation mondiale en raison de son modèle économique basé sur un multilatéralisme désormais affaibli par le déclin de l’OMC. La nécessité d’une coordination macroéconomique au niveau international se fait donc urgent afin d’éviter que ces tensions commerciales ne se transforment en une menace géopolitique incontrôlable.
En tant que journaliste économique, je me consacre à la vulgarisation des concepts financiers pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Mon parcours m’a conduit à analyser l’actualité économique nationale et internationale, avec pour objectif d’éclairer les citoyens sur les enjeux qui façonnent leur quotidien.
